L’ancien sélectionneur du XV de France, Pierre Berbizier s’est confié lors d’un entretien accordé au Midi Olympique.
Ce-dernier a notamment évoqué la crise financière que traverse le rugby Français suite à la crise sanitaire qui frappe le pays.
Il affirme que le danger guette tous les clubs de Top 14. Selon lui, le manque de visibilité n’arrange vraiment rien à la situation. Extrait:
“Le danger guette tous les clubs. Mais le danger est encore plus grand si aucune visibilité, aucun projet ne sont proposés. Terminer la saison n’est pas un projet. Donnons de la visibilité à moyen et long terme aux clubs pour se relever. La situation devient de plus en plus anxiogène si on reste sur le seul court terme. La cacophonie actuelle s’explique ainsi. Cette situation ne rassure aucun acteur. Ni les joueurs, ni les dirigeants, ni les partenaires, ni les supporters. En temporisant et en écoutant les acteurs du rugby, les chances seront plus grandes de trouver des solutions en conservant l’adhésion de tous. J’ai lu que Pascal Forni proposait, par exemple, de sortir les joueurs chômeurs du salary cap. Mais pourquoi les agents ne feraient-ils pas un geste également ? Ils sont les seuls à recevoir sans rien donner à l’économie du rugby. Ne pourrions-nous pas imaginer une réversion de leur commission – relativement importantes – en direction du rugby amateur, aujourd’hui quasiment sans solution ?”
Par ailleurs, il affirme que les présidents de clubs doivent trouver des solutions pour faire rentrer de l’argent dans les caisses. Il demande également aux agents de faire des efforts. Extrait:
“Les présidents doivent assumer leur responsabilité. Avec beaucoup de retenue, cette crise est peut-être une chance pour éviter au rugby d’aller justement dans le mur. Ne nous arrêtons pas à la seule baisse des salaires qui semble inévitable, essayons d’avoir un projet économique. On demande aux entraîneurs de gagner des matchs, demandons aux présidents de gagner de l’argent. C’est à eux d’avoir une réflexion commune afin de mettre en place un modèle économique viable et pérenne. Le système actuel est bien trop fragile. Je crains même que la baisse des salaires entraîne des ruptures de contrat. Peut-être que les agents auront un rôle à jouer…”
Pierre Berbizier estime que les agents doivent avoir un rôle de régulateurs pendant cette crise. Extrait:
“Les agents pourraient faire en sorte d’organiser une paix des braves et qu’on ne tombe pas encore une fois dans une surenchère pour faire signer un joueur de premier choix se retrouvant sur le marché suite à ces ruptures. Ils ont un rôle de régulateurs à avoir dans cette période.”